Le Covid 19 : préoccupation première
14.07.2020

Le Covid 19 annonce des ravages importants, non seulement pour la santé mais aussi pour ce qui est secondaire : l’économie. Face au phénomène, les gens s’intéressent moins aux marchés boursiers, notamment le cours du Brent (Pétrole), qui sont en chute libre. Même la valeur de l’or, refuge historique, est en recul, certes modeste, mais cela fait craindre le pire. Les marchés sont en effet très sensibles aux incertitudes.

En un seul jour, les bons résultats boursiers de l’année 2019 sont effacés. C’est logique puisque les jours sombres qui s’annoncent imposent aux gouvernements de prendre des mesures de santé publique, bonnes ou moins bonnes, qui relèguent l’économie en arrière-plan.

Alors que la pandémie gagne de plus en plus de terrain, on observe déjà que les sites industriels tournent au ralenti, les magasins d’alimentation sont pris d’assaut, les structures d’enseignement ferment provisoirement, les hôpitaux commencent à manquer de lits et de matériel de protection, et l’Italie ferme même ses frontières mettant en quarantaine soixante millions d’habitants.

La dépression annoncée par le Club de Rome en 1972 et confirmée en 2012 s’accélère suite à un élément que les fondateurs du Club ne pouvaient connaitre : une pandémie planétaire originaire de Chine. Dans les années ’60, je me souviens qu’on parlait déjà d’un « péril jaune », sans savoir exactement quelle forme il prendrait.

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Même les priorités sont bousculées puisque l’environnement et le sauvetage de notre planète se trouvent sur la deuxième marche du podium des défis à relever.

1. Eviter la pandémie

2. Eviter la destruction de la planète

3. Eviter l’effondrement de notre mode de vie

Dans ce brouillard où nous nous empêtrons, la seule certitude est que la destruction progressive de notre environnement, due à l’inconséquence de nos dirigeants malgré les mises en garde de cerveaux éclairés, risque de provoquer l’effondrement de la biosphère dans les prochains mois voire dans les prochaines semaines. Toute la vie sur terre est concernée et nos dirigeants multiplient les réunions de crise en se demandant ce qu’on peut encore bien faire.

Le troisième grand défi est d’éviter l’effondrement de la masse monétaire, du système économique et de notre mode de vie, mais, comme je le disais d’entrée de jeu, ces préoccupations ne sont plus celles des peuples.

Les plus optimistes ont raison d’espérer des jours meilleurs, à condition de se situer parmi les porteurs de projets et non pas de guetter les premiers vols d’hirondelles annonciateurs des beaux jours.

Au cours de l’histoire, les fils de la terre ont montré leur capacité à se dépasser et à relever des défis que nos pères qualifiaient d’insensés. L’heure n’est plus aux querelles intestines et aux petits projets qui protègent notre petite personne contre tous les autres. Pour vaincre les périls qui nous submergent, il ne peut plus y avoir ni de spectateurs, ni des adversaires, ni des ennemis. Il ne peut y avoir que des acteurs qui regardent dans la même direction.

L’Apocalypse –– en l’espèce, la révélation d’événements imminents –– doit être l’électrochoc qui nous fait prendre conscience que nous devons agir ensemble et sans délai.

Une des actions prioritaires qui me vient en tête est, par le biais d’élections, d’imposer à nos autorités supranationales, nationales et régionales indolentes la cession de leur fauteuil parlementaire à des gens actifs, porteurs d’idées et de projets novateurs.

Point n’est nécessaire de réinventer l’eau chaude. Les projets sont là, déjà mûrs, il suffit de les mettre en place sous une bannière commune.

Le 13.02.2019, j’ai lancé un avertissement à tous les acteurs politiques de notre pays. A cette occasion, un courrier « recommandé » fut adressé à Charles Michel qui n’a pas daigné répondre.

Je rappelais en substance que l’économie de marché et le savoir sont sources de prospérité et d’épanouissement pour tous et pour chacun et chacune.

C’est ainsi que le profit personnel et immédiat atténue leur impact sur les peuples, hypothèque l’avenir de ceux qui nous suivent et constitue un affront à la mémoire de ceux qui nous ont précédés.

J’invitais tous nos élus à explorer trois autres modèles qui reprennent l’ensemble des préoccupations des belges et européens soucieux de laisser à leurs enfants et petits-enfants un espace où il fait bon vivre.

  • Un modèle de gouvernance (démocratie participative et le référendum)

  • Un modèle de croissance (la décroissance)

  • Un modèle de reconnaissance (le revenu d’existence).

Ces trois modèles ne sont soutenables qui si les belges et européens sont majoritaires à les soutenir personnellement et dans la durée.

C’est essentiel car nous devons lutter contre des ennemis féroces : les lobbies. Essentiellement celui de l’eau qui est dès à présent un enjeu majeur car, contrairement à ce que croient les gens, l’eau est devenue une marchandise dont les moins favorisés seront immanquablement privés.

Paul THUNISSEN