Lettre au Président du Parlement Wallon concernant les Traités de Libre Echange.
15.02.2014

Monsieur Patrick Dupriez,

 

En septembre 2007, l’UE a entamé des négociations avec l’Equateur, la Colombie, le Pérou et la Bolivie en vue d’un « Accord d’Association » dont les composantes sont le dialogue politique, la coopération et le commerce. En 2013 il entrait en vigueur. Seules la Grèce, la Belgique et l’Autriche n’ont pas ratifié cet accord. Ces états ont bien fait.

 

On peut comprendre que les accords commerciaux avec le reste du monde soient très importants pour la croissance européenne, c’est ce que j’ai pu lire sur le site du parlement européen, mais rien ne garantit les droits humains des populations, surtout quand les accords bilatéraux sont conclus avec des états où la paupérisation est encore plus galopante que chez nous.

 

C’est ainsi que je ne partage pas du tout l’avis de l’U.E. qui affirme que les accords commerciaux créent plus d’emplois qu’ils n’en perdent.  Ce sont des emplois trompeurs.

 

PEROU : Suite à la crise de 2009, le Pérou avait perdu 2.200.000 emplois, mais grâce à la flexibilité du marché du travail, le chômage baisse de manière continuelle. Toutefois, la mauvaise qualité de l’emploi engendre de bas revenus et, par voie de conséquence la paupérisation de la population. Les Péruviens s’en sortent en ayant deux emplois qui totalisent 10 à 11 heures de travail par jour.  Selon l’OIT, bien que le Pérou jouisse d’une des économies les plus performantes d’Amérique Latine, seulement 32 % des salariés bénéficient de la sécurité sociale et le salaire poche de la plupart des péruviens stagne à 180 € par mois.

 

EQUATEUR : Comme c’est le cas pour le Pérou, la croissance est spectaculaire depuis plusieurs années. Toutefois, le chômage ne cesse d’augmenter alors que les services de bases à la population se privatisent (l’eau), les denrées de première nécessité deviennent hors de prix (le lait, le riz) de même que des produits agricoles dont la quasi-totalité sont destinées à l’exportation (sucre, bananes, crevettes). 

 

COLOMBIE : La Colombie est devenue la troisième économie d’Amérique latine et ce, grâce à la production pétrolière. Cela n’empêche pas le chômage d’augmenter et la précarisation de s’étendre. Pour développer une bonne image afin d’attirer les capitaux étrangers, le gouvernement colombien n’hésite pas à exterminer des gens jugés indésirables par le pouvoir. Les « escadrons de la mort » s’occupent de cette tâche ingrate depuis plusieurs décennies. A partir du moment où l’UE négocient avec de tels gouvernements, ils ne représentent plus les citoyens européens.

 

BOLIVIE : Malgré le fait que la Bolivie reste un des pays les plus pauvres d’Amérique Latine, elle jouit d’une des croissances les meilleures. L’essor économique n’est donc pas nécessairement proportionnel à l’essor social.

Je tenais simplement à vous le faire remarquer.

Bien à vous

Paul THUNISSEN