Et si la Grèce imitait le Brésil en adoptant le Revenu garanti ?
2.02.2015

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Le Concept du Revenu Garanti

 

Bien que l'idée soit très ancienne, c'est à partir des années '80 que le concept de Revenu Garanti fait de plus en plus de chemin chez les austérophobes. Je suggère au lecteur qui veut approfondir le sujet de lire mon syllabus intitulé "un revenu, c'est comme l'air sous les ailes de l'oiseau". C'est la traduction intégrale du film que vous pouvez visionner ici. Pour bien comprendre ce concept, il faut que l'internanute abandonne ses certitudes.

 

En Bref, le concept est de donner à tout le monde, pauvres ou riches, un revenu mensuel de la naissance à la mort, qui soit inconditionnel (on peut travailler si on le souhaite), universel et individuel (tout le monde la reçoit en tant que personne et non en tant qu'entité familiale), cumulable (avec d'autres revenus).

Ce sont les quatre caractéristiques essentielles sans lesquelles le Revenu Garanti (que l'on nomme différemment en fonction de ses sensibilités) perd toute sa saveur.

 

De ces quatre caractéristiques en découlent d'autres telles que la transparence, la simplicité d'application, l'égalité (à ne pas confondre avec l'équité), la reconnaissance (scelle l'appartenance à une communauté, facteur d'intégration et de paix sociale), supprime le seuil de pauvreté, incite à l'entrepreneuriat (ce qui n'est pas le cas avec les système de chômage ou de minimex).

 

La généralisation de ce concept permettrait à tout être humain de se sentir vivant. Plus que d'être délivré parce qu'on existe, il serait délivré pour permettre à chacun d'exister.

L'introduction du Revenu de Base dans la constitution du Brésil

Après dix années de combat acharné du sénateur Eduardo Supplicy, le Congrès approuva le Revenu d'Existence. Le 12 février 2004, le président Lula promulgua la loi sur le revenu de base des citoyens, qui promet à tous les Brésiliens, sans aucune distinction, et aux étrangers vivant dans le pays depuis plus de cinq ans, de recevoir de l’Etat une somme suffisante pour leurs dépenses essentielles, comme l’alimentation, l’éducation et la santé.  15% du PIB est consacré à ce programme. Toutefois, Le Brésil a compris que le Revenu de Base n'a de sens que dans la mesure ou sont menés conjointement divers programmes pour une approche neuve en matière politique, économique, fiscale et sociale. Il a par ailleurs réduit fortement sa dépendance au FMI.

Pourquoi pas un Revenu Garanti en Grèce!

Pourquoi cela ne marcherait-il pas en Grèce? Si, comme je le pense, Alexis Tsipras à la volonté de rendre sa fierté au peuple grec, il pourrait s'inspirer du projet brésilien, tout en entamant des réformes structurelles dans différents domaines, en réduisant la dépendance de la Grèce aux exportations, à la Troïka européenne..., en ne négligeant pas de relancer le commerce intérieur, en développant ses atouts comme la mer, le tourisme, ...

Il est essentiel de couler le Revenu Garanti dans la charte constitutionnelle de la Grèce, et que la notion soit suffisamment large et souple pour qu'elle s'adapte en tout temps en fonction de divers critères à débattre.

 

"Plan B" favorable à la sortie de l'Euro

Alexis Tsipras est entouré d'économistes talentueux, et les débats sur l'opportunité du Revenu de Base ne les empêchent pas d''envisager un plan B: le retour à la drachme.

 

L'économiste Alekos Alavanos, ancien leader de Syriza disait: “L’expérience que nous avons tiré de la récession internationale est qu’aucun pays n’a réussi à s’en sortir avec une monnaie chère qui est aussi utilisée par un grande puissance économique comme l’Allemagne. Nous avons besoin d’une monnaie compétitive, pour faciliter les exportations et booster le marché intérieur.”.

Samedi, on apprenait que Alexis Tsipras était prêt à se passer des7,2 milliards qui devaient être versés début de ce mois à la condition que la Grèce maintienne les mesures d'austérité imposées par la Troika (Banque Centrale Européenne, Commission Européenne, Fond Monétaire International).

La décision du Premier Ministre grec semble bien accueillie dans la rue. Les grecs ne veulent plus que leur conduite soit dictée par les banques responsables de la faillite des états.