Impact de la sixième réforme de l'Etat
7.06.2012

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Je pense que les réformes sont essentielles et, pour bien faire, devraient être permanentes pour correspondre aux demandes des citoyens en temps réel. Elles ne devraient être considérées ni comme des tournants historiques, ni comme soubresauts ordinaires, mais plutôt comme la mise en adéquation permanente du souhait de la population.  

Un peu d'histoire 

De 1980 à 1985, Les wallons se sentant floués par l'installation de communautés distinctes réclamèrent alors l'installation de régions ce qui nécessita la mise en place d'une cours d'arbitrage (aujourd'hui cour constitutionnelle). On venait de réformer l'Etat Belge pour la seconde fois.

 

A peine trois ans plus tard, de nouvelles compétences sont attribuées tant aux communautés qu'aux régions fraichement installées, et la Région Bruxelloise voit le jour.

Les tensions entre communautés sont à ce point sérieuses que le premier gouvernement de J-L. Dehaene révise la constitution (1993-1994): La Belgique devient un Etat Fédéral et le Brabant est scindé en deux provinces. Les ministres fédéraux seront limités à quinze maximum, et le nombre de parlementaires dans chacune des chambre sera raboté.

 

Au cours de ces quatre réformes, la lecture de la Constitution devenait tellement difficile que la forme de notre charte constitutionnelle dut subir un lifting complet.

 

Quant à la cinquième réforme de l'Etat, elle est concrétisée en 2001 par l'Accord du Lambermont qui accorde des compétences complémentaires aux régions et communautés, et de l'Accord du Lombard qui modifie le fonctionnement des institutions bruxelloises.

Nombreux sont les belges qui partagent la même infortune

Suite à l'accord intervenu en décembre 2011, la plus importante transformation de l'Etat est en cours puisqu'il doit être adapté suite à la scission du tristement célèbre BHV.

 

Cette sixième réforme a pour objectif de renforcer la démocratie et la crédibilité politique... et çà , c'est pas gagné.

 

Il faut bien se dire que si les communautés et régions peuvent s'enorgueillir d'avoir gagné des compétences, la majorité des belges n'en retirent que peu de prospérité supplémentaire.

 

Si je vous dit: "la sixième réforme de l'Etat, c'est vingt milliards d'euros de transferts et douze milliards d'autonomie fiscale", est-ce que vous allez vous mettre à faire le poirier et à crier "eurêka"?

Une chose est sûre: Quelle que soit la région le chômage y augmente, les gens doivent se contenter de contrats précaires,de pensions de misère, de soins de santé plus couteux, car moins bien remboursés.

 

Quelle que soit la région, les multinationales envahissent l'espace public comme des doryphores sur une pomme de terre et le tissu économique créé par les PME se rétrécit.

 

Quel que soit la région -- et c'est une constante -- l'imposition est mal répartie.

Les belges plus divisés que jamais

Même si les belges sont dans l'ensemble livrés à la même enseigne, il faut bien se dire qu'ils vivront de manière totalement différentes. Les allocations familiales seront différentes selon qu'on habite à Gand ou à Liège, des taxes seront maintenues là où une autre communauté les aura supprimées...et puis il y a l'enseignement qui pourrait ne plus être reconnu par l'une ou l'autre communauté,

 

Les belges, notamment à Bruxelles et en Wallonie, s'inquiétent quant à la survie de pans entiers de la sécurité sociale.

 

Il est loin le temps ou la Belgique était un pays de Cocagne...C'était au temps ou l'union faisait notre force.