Lorsque les intercommunales deviennent des groupes
7.09.2013

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Le manque de conscience et de bon sens de nos élus.

 

Les élus du bureau exécutif de Tectéo (MR, PS, cdH) ont voté hier soir, à l'unanimité, le rachat des Editions de l'Avenir pour un montant de vingt-six millions d'euros. Deux questions se posent alors:

 

1. Est-ce bien une mission d'un service public (financé par les citoyens) d'investir dans les médias ? 

2. Les élus, unanimes à avaliser le rachat, sont-ils encore conscients qu'ils sont élus par les citoyens ?

La pieuvre "Tectéo"

On sait déjà que Tectéo est actionnaire des deux sociétés anonymes qui se partagent ses deux activités principales. Actif dans le secteur de l'Energie (Resa Services SA) et des communications (Tectéo Services SA), Tectéo étend encore un peu plus son emprise en étendant ses activités à la presse écrite (Editions de l'Avenir).

 

Plus gourmand encore, Tectéo est actuellement en négociation avec le Groupe Multimédia IPM SA, dont font partie notamment La Libre Belgique et La Dernière Heure, et pourrait acquérir 40% du groupe (minorité de blocage), voire 50%, et tout cela grâce à des fonds publics?

Qu'est ce qu'un service public ?

 

Je me rends un peu plus compte chaque jour que, pour nos élus, la puissance et la gloire que donne l'argent a bien plus de valeur que la manière de le gagner.

 

Hors un Service public, par essence, n'investit que dans la mesure où il permet de rendre un service à la population de nature à augmenter son bien-être, sans jamais perdre de vue que l'intérêt collectif l'emporte toujours sur l'intérêt individuel.

 

On s'écarte de plus en plus de cette philosophie puisque le citoyen n'augmentera pas son bien être d'un iota. Au contraire ! Dans ses secteurs de l'Energie et des Communications, Tectéo répercute au consommateur des coûts usuraires profitant de sa position dominante de quasi-monopole.

L'indépendance de la presse: garantie d'un contre pouvoir !

 

L’indépendance de la presse va de soi dans une démocratie qui se veut exemplaire. Dans le principe, elle est garantie en Europe en général, et en Belgique en particulier. L'indépendance est la condition nécessaire à l'information des citoyens pour qu'ils puissent se forger une opinion.

 

Les lecteurs, auditeurs, téléspectateurs ou internautes demandent autant hier qu'aujourd'hui que les journalistes leurs livrent des faits et leur révèlent le «dessous des cartes». L'information amène la presse, sans aucun état d'âme, à jouer un rôle de contre-pouvoir lorsqu’elle rapporte et décrit des abus de pouvoir. A ce titre, elle est un élément d’équilibre des pouvoirs, ce qui consacre son rôle irréductible dans le fonctionnement d’une démocratie. Et quand l'indépendance du quatrième pouvoir est transgressé, le mécanisme démocratique s'enraye.

 

Dans la pratique, l'indépendance de la presse n'est jamais acquise et le combat est permanent puisque les menaces sont permantentes.

 

Alors! l'indépendance de la presse est-elle encore garantie lorsqu'elle est dirigée par l'exécutif?