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Chronique
d'une guerre annoncée

Samedi 
12
mars 2022

GUERRE EN UKRAINE: COMMENT S'ORGANISE LE RECRUTEMENT DE LA "LÉGION INTERNATIONALE" LANCÉE PAR KIEV

Pascal Samama - le 08/03/2022 à 11:21

    Dès le 28 février, le président ukrainien a appelé les citoyens étrangers à préter main forte à ses forces armées face aux troupes russes. Cette Légion internationale de défense compterait déjà plus de 30.000 hommes.

    Après avoir fait appel à des combattants tchétchènes en Ukraine, la Russie est accusée par Washington d'avoir recruté des mercenaires syriens pour combattre. Face à elle, Kiev a lancé un appel mondial aux citoyens d'autres pays qui seraient prêts à prendre les armes pour l'aider à faire face aux troupes russes. Le 28 février, le président ukrainien a annoncé la création d'une "Légion internationale de défense".

     L'annonce a été diffusée à très large échelle: "Tous les étrangers désirant rejoindre la résistance aux occupants russes et de protéger la sécurité mondiale sont invités par les autorités ukrainiennes à rejoindre les forces de défense."

 

ATTEINDRE 100.000 COMBATTANTS ETRANGERS

     Une dizaine de jours plus tard, des combattants de plus de 50 pays se sont déjà portés volontaires. Une source d'un service de renseignement européen affirme qu'à ce jour 30.000 combattants auraient signé un contrat pour intégrer ces brigades internationales. L'objectif de l'Ukraine serait d'atteindre 100.000 combattants.

     Pour attirer ces hommes de tous âges, les forces armées ukrainiennes utilisent des méthodes inédites. Sur les réseaux sociaux, elles ont publié un QR Code via des ambassades pour télécharger un formulaire d'engagement. Un site a aussi été créé pour expliquer les 7 étapes à franchir pour entrer dans cette légion.

     Sur le mur de l'ambassade d'Ukraine en France, une affiche informe les "étrangers prêts à se battre". Il est demandé aux volontaires d'envoyer d'abord un courriel en joignant une copie de leur passeport et en précisant leurs antécédents militaires. Mais même ceux qui n'ont aucune expérience dans l'armée sont accueillis.

l    La sélection est stricte. Après une première inscription, le candidat doit passer un entretien avec un membre de l'ambassade, avant de déposer une demande officielle d'enrôlement auprès des forces armées. Si cette demande est acceptée, le candidat bénéficiera d'une assistance et de contacts pour aller en Ukraine par ses propres moyens.

2.  Une fois sur place, il signera enfin un contrat d'engagement et pourra officiellement porter l'uniforme. Selon leurs compétences, leurs aptitudes ou leur volonté, ils seront affectés dans des troupes de combat, dans des unités logistiques ou dans des centres médicaux.

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Les 7 étapes à remplir pour intégrer la légion des volontaires étrangers en Ukraine © fightforu

"De très nombreuses demandes" de Français

     Sur Facebook, un "Groupe des volontaires français en Ukraine" créé dès le 24 février regroupe aujourd'hui plus de 10.000 membres. Combien sont-ils à avoir vraiment sauté le pas? L'ambassade d'Ukraine en France, interrogée par BFM TV, ne nous a pas donné de réponse précise à ce sujet. Un porte-parole confirme seulement avoir reçu "de très nombreuses demandes de ressortissants français".

   

     "Si l'on n'arrête pas Vladimir Poutine en Ukraine, il faudra l'arrêter demain à Varsovie, à Vilnius et peut-être Berlin un jour", a expliqué à BFMTV l'un des Français engagés, Florent Coury. Ce membre de la Direction des ressources humaines de Renault, à Flins, âgé de 39 ans, a laissé ses trois enfants derrière lui pour prendre les armes - sans aucune formation militaire.

     Les pays d'origine de ces volontaires n'interdisent pas à leurs citoyens de s'engager, mais ils le font à leurs risques et périls, puisqu'aucune assurance ne couvre les frais de guerre - encore moins si une personne s'est volontairement engagée sous la bannière d'un pays étranger.

    S'ils sont capturés, le ministère russe de la Défense prévient que les membres de cette légion n'auront pas le statut de prisonnier de guerre. Ils seront considérés comme des mercenaires et donc ne seront pas protégés par la Convention de Genève. Une entorse à cette règle internationale.

     Musées incendiés, œuvres menacées, évacuation de pièces à la hâte et personnel abandonné à lui-même. Les menaces que la guerre fait peser sur le patrimoine artistique ukrainien sont nombreuses et soulèvent la question de la préservation de la culture en cas de conflit.

     Les morts s'accumulent sur le front dans une Ukraine harassée par ailleurs par les bombardements russes. De nombreuses villes, au premier rang desquelles on trouve Kiev, Odessa, Kharkiv, se trouvent assiégées par les troupes du Kremlin et l'Union européenne s'attend à recevoir jusqu'à cinq millions d'"exilés" - selon le terme employé lundi par le patron de la diplomatie européenne Josep Borrell - si le conflit perdure. La guerre en Ukraine est avant tout une tragédie humaine. Toutefois, ses conséquences néfastes menacent également le patrimoine local, à commencer par les musées et les œuvres d'art entreposées dans le pays.

      Entre les musées et édifices touchés par les tirs et les pièces d'ores et déjà anéanties en marge des batailles, la culture ukrainienne paie un lourd tribut à la guerre. Sur place, on s'organise toutefois pour parer au plus pressé et préserver du mieux possible chefs-d'œuvre et témoignages de la mémoire nationale.

DE KIEV A KHARKIV, LE PATRIMOINE ARTISTIQUE MENACE

Robin Verner - Le 08/03/2022 à 17:03

COMMENT LE "Z" EST DEVENU UN SYMBOLE DE RALLIEMENT A L'ARMEE RUSSE.

Jules Fresard- Le 07/03/2022 à 15:06

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Première apparition sur les blindés russes

    Face à ce qu'elle a considéré être une provocation, la Fédération internationale de gymnastique a décidé d'ouvrir une procédure disciplinaire contre le gymnaste russe. Mais l'incident témoigne surtout de l'importance symbolique de ce "Z", moins de deux semaines après le lancement de l'attaque russe.

      La lettre, qui est d'abord apparue sur des blindés russes, a rapidement été érigée en symbole.

    Ce week-end, la guerre en Ukraine s'est exportée lors d'une compétition sportive internationale. Arrivé troisième à l'épreuve des barres parallèles ce samedi lors de la coupe du monde de gymnastique artistique qui se déroulait à Doha, au Qatar, le gymnaste russe Ivan Kuliak a décidé d'exprimer son soutien à l'invasion militaire que mène actuellement son pays contre son voisin ukrainien.   

 

     Comment? En collant sur son justaucorps un "Z" au niveau de son torse. Un geste perçu comme une prise de position politique, alors que la dernière lettre de l'alphabet est devenue depuis le début de l'invasion de l'Ukraine le symbole derrière lequel se regroupent les soutiens à l'armée de Vladimir Poutine. Plus tard, sur le podium, le gymnaste russe a d'abord refusé d'apparaître sur la photo officielle des médaillés, dont faisait partie l'Ukrainien Illia Kovtun, grand gagnant du jour.

     C'est à l'arrière de blindés de Vladimir Poutine rentrant sur le territoire ukrainien le 24 février que la lettre est apparue. Peinte négligemment à la peinture blanche ou à la bombe, elle a d'abord suscité l'interrogation des observateurs internationaux. Que vient donc faire une lettre de l'alphabet latin sur des véhicules appartenant à l'armée d'un pays utilisant l'alphabet cyrillique? Plusieurs hypothèses sont avancées par les spécialistes, aucune ne fait consensus pour l'heure.

Une ancienne espionne au service du "Z"

     

En tout cas, le Kremlin a rapidement compris la force de son "Z", n'hésitant pas à l'ériger en symbole de ses forces armées et de son opération militaire. La chaîne de télévision financée par le Kremlin Russia Today (RT), interdite de diffusion depuis le 2 mars dans l'Union européenne, a ainsi lancé sur son site web la vente de t-shirt floqués avec ce fameux "Z". 

Sur les réseaux sociaux, la mobilisation à l'aide du fameux "Z" s'organise également. Il suffit de regarder le compte Instagram de Maria Butina. Condamné en 2019 par un tribunal américain pour espionnage au profit de la Russie, celle qui s'est fait élire députée à la Douma russe en 2021 sous les couleurs du parti de Vladimir Poutine n'a de cesse depuis le début de l'invasion de l'Ukraine de multiplier les références à la lettre.

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