Climat : la COP26 accouche d’un accord en demi-teinte

Pour la première fois, la conférence des Nations unies sur le climat s’est attaquée directement aux énergies fossiles. Mais les pays du Nord n’ont pas répondu aux attentes des pays du Sud, plus vulnérables.

Par Audrey Garric (Glasgow, envoyée spéciale)

Publié le 13 novembre 2021 à 20h56, mis à jour à 00h20 

COP 26.jpg

Elle avait été qualifiée de « moment historique » pour notre destin, de « sommet décisif », voire de « réunion de la dernière chance ». Si la 26e conférence des Nations unies sur le climat (COP26) n’a pas réussi à constituer le tournant pour l’humanité qu’appelaient de leurs vœux la société civile et les scientifiques, elle a pourtant suscité un premier virage vers plus d’efforts dans la lutte contre le dérèglement climatique.

Cette grand-messe, qui a réuni autour de 30 000 personnes à Glasgow (Ecosse), s’est achevée samedi 13 novembre avec plus d’un jour de retard. D’autant plus attendue qu’elle avait été repoussée d’un an du fait de la pandémie de Covid-19, elle a réussi à arracher des avancées pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et pour s’attaquer aux énergies fossiles, principale cause du réchauffement. Elle est également parvenue à achever les règles d’application de l’accord de Paris, en suspens depuis six ans.

En revanche, la conférence, marquée par une grave défiance entre pays du Nord et du Sud, n’a pas suffisamment répondu aux besoins financiers des pays les plus vulnérables, en première ligne d’un changement climatique dont ils ne sont pas responsables, du fait d’un blocage des pays riches. Et elle s’est achevée sur une note d’amertume liée à un renoncement de dernière minute sur le charbon.

« Garder en vie » l’objectif de ne pas dépasser 1,5 °C

Lors d’une réunion plénière samedi, la plupart des pays, tout en jugeant les décisions finales « imparfaites » et en exprimant des « déceptions », ont estimé que ce « pacte climatique de Glasgow » permet de répondre au mandat de la COP : « garder en vie » l’objectif de ne pas dépasser 1,5 °C de réchauffement par rapport à l’ère préindustrielle, la limite la plus ambitieuse fixée par l’accord de Paris sur le climat de 2015.

Ces décisions contiennent « des pas concrets pour la suite et des étapes très claires pour nous mettre sur les rails conduisant aux objectifs de l’accord de Paris », a ainsi jugé Alok Sharma, le président de la COP26, soulignant la difficulté de trouver un consensus entre 196 pays.

 

A Glasgow, dans les rues, les églises ou autour du centre de conférence, la société civile tente d’exister en marge de la COP26

Plus de 100 000 personnes ont convergé dans la ville écossaise, samedi, pour faire pression sur les négociateurs. Mais tous les militants ne parviennent pas à se faire attendre.

Par Cécile Ducourtieux(Glasgow, envoyée spéciale)

Publié le 07 novembre 2021 à 00h22 - Mis à jour le 07 novembre 2021 à 21h06

COP 26.(2)jpg.jpg

Il pleut des trombes sur Glasgow, samedi 6 novembre au matin. Dans le parc Kelvingrove, à l’ouest de la ville, d’où doit partir la manifestation géante du « Global Day of Action », Alicia Guzman rêve d’un café chaud.

Membre de l’ONG Stand Earth, cette Equatorienne travaille d’arrache-pied à rendre visibles les populations indigènes d’Amazonie. Mais elle se demande s’il faut maintenir cette chaîne humaine initialement prévue autour d’une installation en tissu géante que des volontaires tentent de fixer sur le sol spongieux : un papillon bleu, symbole de vie chez les peuples amazoniens. « Si, si, les gens vont venir malgré la météo », lui lance un collègue en espagnol.

Il a eu raison d’insister : le déluge écossais n’a pas arrêté les manifestants. Plus de 100 000 personnes ont convergé à Glasgow pour faire pression sur les négociateurs enfermés à quelques centaines de mètres dans le Scottish Event Campus où se tient la conférence sur le climat (COP26) depuis le 31 octobre. Et ils ont rivalisé d’imagination pour porter leurs messages : la nécessaire « fin du blabla », l’obligation d’« agir maintenant », « parce qu’il n’y a pas de planète B ».

 

Aux pieds du papillon détrempé, on a vu défiler une licorne, des oiseaux et des globes terrestres géants, des bannières de toutes les couleurs, des drapeaux de tous les pays, des chorales chantant à pleins poumons L’Internationale ou des chants chrétiens, des kilts et des cornemuses…